« Les photographies de Marie-Pierre Dieterlé s’inscrivent dans les problématiques des plus démunis, les minorités ethniques, les femmes SDF, effacées des rues, qui se cachent du regard des gens bien comme il faut, et à qui on n’a plus laissé aucune place dans nos architectures urbaines. Son travail est traversé par le multiculturalisme et le hors cadre.
Le réel nous saute au visage de plein fouet, avec l’universalité du regard, la misère mise à nue, la fragilité exacerbée. Des visages démasqués dans les brouillards et les clairs-obscurs de la ville, où se croisent l’ombre et la lumière comme dans la peinture de George de la Tour ou de Chardin. Des êtres qui ont gardé en eux-mêmes une part de cette sauvagerie que la société policée, sans aspérité, veut nous ôter. Des expressions volées à la nuit, arrachées aux profondeurs. Des visages sans fard, sans masques, où la vie et la mort apparaissent brutes et sans détours.
Le talent de Marie-Pierre est de nous restituer l’âme humaine à travers un cliché où toute une histoire nous est livrée et nous renvoie à nous-même. Et sa subtile maîtrise du noir et blanc nous donne à voir toutes ces âmes pleines de contrastes et d’ambivalence.
Pour écrire, il faut savoir poser sa peau sur la table. Marie-Pierre Dieterlé pose sur la table les âmes errantes des personnes qu’elle photographie.»
Isabelle Buisson, écrivain

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